À Varsovie, ils préparent la guerre. Sortons de l'OTAN !
Les réponses des élus

 

Parmi les signataires de la pétition, plusieurs ont pris la peine d’informer leurs députés et sénateurs de leur décision de signer cet appel.

Ce qui frappe, c’est qu’aucun élu n’a répondu sur ce qui est pourtant l’essentiel : le changement de doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN pour qui l’arme nucléaire devient de plus en plus une arme tactique et non de dissuasion. C’est en effet tellement effroyable qu’on a envie de regarder ailleurs. Nos élus semblent ignorer cette évolution ou pire : ils n’ont pas envie d’en prendre acte.

Pourtant, qu’ils soient favorables ou non à l’intégration de la France dans l’OTAN ou à sa participation au sommet de Varsovie, les élus, dans leur immense majorité, semblent partager l’immense crainte que la situation géopolitique globale se dégrade et souhaitent que les relations avec la Russie puissent rapidement s’améliorer et que les sanctions puissent être levées...

« Nous ne souhaitons pas que ce sommet soit celui de la confrontation. Nous voulons au contraire le dialogue », a même déclaré notre ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue russe, en réitérant son souhait de voir se tenir une réunion du conseil Otan/Russie. Cette instance de consultation et de coopération entre Moscou et l’Otan ne s’est réunie qu’une fois depuis 2014, en raison de la crise née du conflit ukrainien.

Alors qu’en Belgique, un sénateur socialiste a signé un texte identique, à ce jour, en France, et bien que plusieurs maires l’aient fait, aucun député ou sénateur n’a encore eu le courage de signer ce texte.

A nous donc d’éduquer nos élus !

  • Catherine Vautrin, ancien ministre, vice-présidente de l’Assemblée nationale, députée LR de la Marne, Présidente de Reims Métropole : je partage votre inquiétude concernant le sommet de l’OTAN qui se tiendra à Varsovie les 8 et 9 juillet. Cette conférence est effectivement un événement à haut risque dans le contexte géopolitique actuel. J’estime cependant que la participation de la France à cette réunion de l’OTAN est indispensable. La France doit assumer son rôle de puissance majeur au sein de cette organisation, sans se comporter comme un supplétif des Etats-Unis. La France doit continuer à peser en amenant les belligérants au dialogue. Enfin, je pense que ce sommet peut être une opportunité pour renouer le dialogue avec la Russie, qu’on ne peut isoler plus longtemps.
  • Alain Bocquet, député maire PCF de Saint-Amand-les-Eaux : j’ai bien reçu votre mail relatif au sommet de l’OTAN et j’en ai pris connaissance avec attention. Dans ce contexte, je peux vous préciser que mon collège François Assensi, lors de l’examen du projet de loi relatif à l’accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu de l’OTAN, avait rappelé en avril dernier la position des députés communistes sur ce sujet. En substance, il a déclaré que l’OTAN, loin d’être une force pour la paix et la stabilité mondiale, est un foyer de tensions car l’organisation atlantique s’est constamment exonérée du droit international et des résolutions de l’ONU. Il a ajouté que « la réintégration totale de la France dans l’OTAN, organisation subordonnée aux objectifs politiques et stratégiques de la première puissance mondiale, phagocyte toute possibilité d’une défense européenne fondée sur l’indépendance et la sécurité collective ». Nous émanciper, en commençant par sortir de l’OTAN nous permettrait de repenser librement nos politiques de partenariats, d’investissements et d’aide publique au développement. L’Organisation des Nations Unies doit plus que jamais s’affirmer comme instance suprême de médiation et de règlement politique des conflits internationaux. Je peux vous assurer de notre attention à ces enjeux.
  • Patrick Labaune, député LR de la Drôme : Je viens de prendre connaissance de votre mail, sachez que je partage entièrement votre opinion. Étant foncièrement gaulliste, j’ai approuvé que le Général quitte l’OTAN. Bien cordialement,
  • Alain Rousset, député PS de la Gironde, président du Conseil régional Aquitaine Limousin Poitou-Charentes : Vous avez attiré mon attention sur la participation de la France au sommet de l’OTAN qui se tiendra à Varsovie les 8 et 9 juillet prochain. A ce titre, il subsiste des préoccupations relatives aux tensions internationales avec la Fédération de Russie. La participation de la France au sein de l’OTAN lui permet de prendre l’initiative d’un dialogue renouvelé avec la Russie sur les questions de sécurité et de développement économique. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, le rôle de la France vise à préserver l’intégrité territoriale et l’indépendance politique des États de manière compatible avec les principes du droit international. Dans la poursuite des efforts qui sont menés avec ses partenaires la France entend notamment faire appliquer les accords de Minsk et favoriser le règlement pacifique de la crise avec l’Ukraine. En matière de paix et de sécurité internationale, la Russie demeure un acteur incontournable. La France prône une approche équilibrée s’inscrivant dans le contexte d’un monde multipolaire et la Russie demeure un interlocuteur avec lequel nous nous entretenons sur de nombreux enjeux. Concernant la résolution de la crise syrienne, le nucléaire iranien et la lutte au terrorisme, il existe des intérêts communs qui plaident pour un dialogue renforcé. Réitérant son intérêt de parvenir à des règlements pacifiques, la France continue de privilégier des actions communes et concertées. La Russie demeure un pays avec lequel la France partage des liens historiques. Les relations entre ces deux nations ont souvent été marquées par des périodes d’accords mais également de différends. Face à ses responsabilités internationales, le gouvernement français doit affirmer clairement ses positions tout en favorisant un dialogue ouvert et constructif avec son homologue russe.
  • Alain Marty, député LR de la Moselle, Maire de Sarrebourg : En tant que gaulliste, j’étais d’accord avec le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN. Nous avons récemment fait le choix de revenir dans l’OTAN dans le cadre d’une défense transatlantique avec l’assurance de jouer un rôle important dans cet organisme. C’est le cas avec le poste de général en charge de la transformation à Norfolk confié à un Français. Je partage en partie vos réflexions mais tenais à vous préciser que l’OTAN n’est pas uniquement une alliance tournée vers la Russie. En outre, il faut comprendre les inquiétudes des pays Baltes ou de la Pologne qui ont longtemps été sous le joug de l’URSS et qui sont inquiets devant les violations des espaces aériens et devant la cyberattaque qui a touché l’Estonie en 2007, incidents provenant de la Russie. L’alliance atlantique n’a pas à constituer un front contre la Russie, ce n’est pas son objectif. Par ailleurs, je suis favorable à un partenariat renforcé avec la Russie et pour la levée immédiate des sanctions.
  • Jean-Pierre Masseret, sénateur PS de la Moselle : 1. La position du groupe socialiste est constante et épouse celle de l’exécutif : le respect intégral des accords de Minsk doit conditionner la levée des sanctions. Le dialogue avec la Russie n’a jamais été rompu à l’ONU, à l’OSCE mais aussi, on le sait peu, à l’OTAN. Un Conseil OTAN-Russie s’est tenu le 20 avril 2016. 2. Certes, la situation est compliquée. Mais les hommes de bonne volonté doivent continuer à travailler à une sortie de crise. Le texte initial était perfectible, d’où l’amendement que nous avons proposé. 3. S’agissant des sanctions envers les parlementaires, il vaudrait mieux privilégier le cas par cas. Certains d’entre eux ont autorisé le recours à la force sur le territoire ukrainien et plusieurs sont sous mandat d’arrêt international de Kiev. 4. Nous avons suffisamment travaillé, dans les deux commissions, pour savoir que ce texte est équilibré et ouvre des perspectives. Les parlementaires français veulent seulement renouer les fils du dialogue avec la Russie. Le texte de l’Assemblée Nationale était tellement outrancier que nous ne pouvions en rester là. Notre groupe a voté cette proposition de résolution telle qu’amendée.
  • Jean-Jacques Candelier, député PCF du Nord, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées : L’humanité est en effet aujourd’hui menacée dans sa dignité et son existence. Elle doit disposer d’un droit fondamental : le droit à la survie, avec pour corollaire le droit des peuples à disposer de leur survie. Ce droit implique l’abolition des armes nucléaires, armes de destruction massive, de massacre, de crime contre l’humanité. Totalement inopérantes pour juguler le terrorisme, elles lui empruntent le même mépris pour la vie humaine en le multipliant. Elles menacent d’anéantir des millions de personnes, des populations entières, et l’humanité elle-même car une guerre nucléaire rendrait la terre invivable. Vous pouvez compter sur le député Candelier, pleinement mobilisé sur ce sujet et sur la sortie de l’OTAN qui n’est qu’un traité de vassalisation opérationnel, politique et matériel à l’impérialisme américain (voir résolution ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion2939.pdf )
  • Pierre Lellouche, ancien ministre, député LR de Paris, Conseiller de Paris, délégué Général des Républicains aux affaires internationales : Je vous remercie de votre courrier électronique dans lequel vous m’informez avoir signé un appel au Président de la République, lui demandant de renoncer à sa participation au sommet de l’OTAN de Varsovie des 8-9 juillet prochains. Je partage vos inquiétudes quant à la dégradation du climat dans les relations entre les États-Unis et la Russie d’une part, l’Europe et la Russie d’autre part. La position qui est la mienne et que j’ai exprimée clairement dans plusieurs de mes interventions à l’Assemblée nationale, comme dans mon parti, est que ni la France ni l’Europe n’ont besoin d’une nouvelle guerre froide, pas plus que d’une reprise de la course aux armements nucléaires avec la Russie, au moment où nous avons bien d’autres problèmes de sécurité en provenance du Sud... C’est d’ailleurs pour cette raison que, à l’occasion de l’examen, en séance publique le 28 avril dernier, de la Résolution introduite par le Groupe Les Républicains au titre de l’article 34-1 de la Constitution, invitant le Gouvernement à ne pas renouveler les mesures restrictives et les sanctions économiques imposées par l’Union Européenne à la Fédération de Russie, j’ai pris au nom de mon groupe clairement position en faveur de la levée des sanctions. Cette Résolution a d’ailleurs été votée, contre l’avis du Gouvernement socialiste, et a infligé un camouflet cinglant à la diplomatie conduite actuellement par le Président de la République François Hollande qui, sur ce terrain, comme en Syrie-Irak ou au Sahel, se contente de coller excessivement aux oscillations souvent erratiques de la politique américaine.
  • Françoise Descamps-Crosnier, députée PS des Yvelines ; Sandrine Doucet, députée PS de la Gironde ; Colette Langlade, députée PS de la Dordogne et Jacqueline Maquet, députée PS du Pas-de-Calais (textes identiques) : Tout au long de son histoire, la France a dû faire face à des enjeux, pouvant parfois aller jusqu’à menacer son intégrité territoriale. Elle a dû équilibrer la puissance par la puissance, nouant des alliances et développant ses capacités militaires en proportion des menaces auxquelles elle se trouvait confrontée. Aujourd’hui, notre stratégie de défense et de sécurité nationale vise à combiner à la fois la souveraineté et l’autonomie de nos décisions, l’engagement plein dans une Alliance Atlantique dynamique, ainsi que le volontarisme et l’ambition à l’égard de l’Union européenne. Pour la France, l’OTAN remplit trois fonctions essentielles : d’une part, elle assure la défense collective de ses membres ; d’autre part, elle est un instrument important du partenariat stratégique entre les deux rives de l’Atlantique. Enfin, elle constitue le cadre commun nécessaire de l’action militaire dès lors que les Alliés veulent intervenir ensemble pour répondre à des risques et à des menaces partagés. Aujourd’hui, ces risques et enjeux sont toujours présents. D’une part, le flanc Sud de l’Europe se caractérise par une crise migratoire et humanitaire que la généralisation du chaos en Syrie, en Irak, en Libye et ses conséquences au Proche et au Moyen-Orient ont déclenché et favorisé. D’autre part, la situation aux frontières orientales de l’Europe a bouleversé les conceptions politiques et stratégiques des Européens. L’emploi de la force armée dans la gestion d’une crise interétatique et l’usage de la violence contre des populations civiles de part et d’autre des lignes de front, nous paraissait, il y a encore quelques années, comme un scénario peu probable à proximité des frontières extérieures de l’Union européenne. C’est pourtant ce qui s’est passé en Crimée en mars 2014, dont l’annexion par la Russie n’est autre qu’une remise en cause de la souveraineté et de l’intégrité territoriale d’un Etat reconnu par les instances internationales – l’Ukraine. C’est cette crise qui matérialise la stratégie engagée par Moscou qui vise à utiliser sa puissance militaire comme levier de ses intérêts nationaux. Les démonstrations de puissance de la Russie se poursuivent jusque dans la mer Baltique et dans l’océan Atlantique, avec le déploiement notable de moyens sous-marins au large des approches maritimes européennes, et notamment françaises. A la lumière des crises multiples qui mettent les démocraties européennes sous pression, la faiblesse militaire des uns peut être un facteur de danger et de vulnérabilité pour tous. Le cadre de l’OTAN demeure donc pertinent car sa raison d’être – la défense collective et la solidarité des Alliés incarnées par l’article 5 du traité de Washington – n’a pas disparu. Au prochain sommet de Varsovie, un certain nombre de décisions ne pourront pas se prendre sans la France, sauf à accepter que d’autres membres de l’Alliance ne les prennent pour nous, voire contre nos intérêts, ce qui n’est évidemment pas souhaitable. Ces décisions tiennent en particulier à l’orientation stratégique des efforts de défense à fournir par les Etats membres : il ne semble pas, de ce point de vue, que la concentration de tous nos moyens collectifs de défense sur le flanc Est de l’Europe soit conforme à nos intérêts et à ceux de l’OTAN, même si nous entendons y jouer tout notre rôle en matière de réassurance de nos amis baltes. Encore une fois donc, les enjeux posés par la Russie ne constituent pas l’unique raison d’être de l’OTAN. Ainsi se pose également la question de l’organisation et du mandat de l’OTAN : cette dernière ne saurait se substituer à l’Union européenne et à d’autres organisation régionales dans la résolution des crises – certaines réponses en matière de sécurité et de défense ne constituant pas son cœur de métier. Le mandat de l’OTAN doit par conséquent être clarifié, qu’il s’agisse de la situation en Méditerranée, au Levant ou en Libye, régions dans lesquelles l’Union européenne, la France et ses partenaires de défense ont des responsabilités et des options à faire valoir utilement en dehors du cadre otanien. D’autres décisions tiennent enfin à la nature des liens entre l’OTAN et l’Union européenne, l’enjeu étant de trouver la meilleure complémentarité possible, conformément aux intérêts de sécurité collectifs des membres de l’Union. Enfin, il conviendra de faire évoluer l’OTAN dans le sens d’une plus grande efficacité de ses structures. L’appel que vous avez signé invite la France à jouer la politique de la chaise vide au prochain sommet de l’OTAN : un tel retrait volontaire reviendrait à isoler notre pays, lequel se trouverait dans l’incapacité d’exercer une influence favorable sur l’action de nos alliés et le cours d’évènements non souhaités. Or, la France est attendue, son message de paix est entendu et sa responsabilité au profit de la sécurité collective et européenne est reconnue comme telle. La France entend donc continuer de contribuer activement à la vitalité et à l’avenir de l’OTAN, alliance de défense collective indispensable et, à ce titre, composante majeure de notre défense et de notre sécurité. C’est pourquoi la sortie de l’OTAN pour la France n’est pas une option opportune, à la fois pour ses intérêts propres mais aussi plus généralement pour ceux de la paix régionale, ce qui englobe certes les pays membres de l’OTAN mais aussi la Fédération de Russie. Ce n’est donc pas avec l’idée d’une escalade militaire et politique qui viserait la Russie que je suis défavorable à votre demande de sortie de l’OTAN, mais au contraire en ayant à l’esprit la préservation de la paix commune qui nécessite aussi parfois de maintenir des moyens et de mener des politiques de défense collective fortes et volontaires comme nous pouvons le faire au sein de l’OTAN.
  • Gilbert Lebris, député PS du Finistère, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées : Message transmis (par inadvertance) par son cabinet : « Tu lui réponds que je suis contre cette démarche ! Glb »
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